Chaque jour de semaine, les Franciliens font 34,5 millions de déplacements. Ils y passent en moyenne 92 minutes, et un trajet vers le travail leur prend 38 minutes. Ces chiffres viennent de l’enquête GPS de l’Institut Paris Région, la plus précise jamais menée dans la région. Mais une moyenne régionale cache trois réalités très différentes. On vit à Paris presque sans voiture. En petite couronne, on jongle entre métro, bus et vélo. En grande couronne, la voiture reste souvent le seul choix réaliste.

Ce guide fait le point sur la façon dont 12,4 millions d’habitants se déplacent, sur ce que coûte chaque mode et sur ce qui va changer d’ici 2031. En milieu de page, un calculateur compare le coût et les émissions de votre propre trajet.

L’essentiel en six chiffres

Comment se déplacent les Franciliens

Deux enquêtes font référence, et il faut les lire ensemble sans les mélanger. L’Enquête globale transport (EGT) d’Île-de-France Mobilités interroge les habitants sur leurs déplacements de la veille. La dernière consolidée, celle de 2018, comptait environ 43 millions de déplacements par jour, dont 40 % à pied, 34 % en voiture, 22 % en transports collectifs et environ 2 % à vélo. Une nouvelle édition est en cours de collecte jusqu’en 2027.

L’Enquête mobilité par GPS, menée par l’Institut Paris Région d’octobre 2022 à avril 2023, a suivi 3 337 Franciliens de 16 à 80 ans pendant sept jours, avec un point de localisation toutes les deux secondes. Elle compte 34,5 millions de déplacements par jour ouvré. L’écart avec les 43 millions ne mesure pas une baisse : les deux méthodes ne comptent pas la même chose, et l’Institut précise lui-même qu’elles ne sont pas comparables.

Ce que l’enquête GPS montre très bien, c’est le partage selon le motif :

Un dernier chiffre résume bien le problème des routes franciliennes : sur le trajet domicile-travail, une voiture transporte en moyenne 1,04 personne. Autrement dit, presque tout le monde roule seul.

Le parvis de La Défense et ses tours de bureaux, premier pôle d'emploi de l'ouest francilien

Trois Île-de-France : Paris, la petite couronne, la grande couronne

Parler de « mobilité francilienne » sans distinguer les territoires mène à des contresens. Le même ménage n’a pas du tout les mêmes options à Paris 11e, à Montreuil ou à Provins.

Paris : la ville de la marche

Dans Paris intra-muros, 56 déplacements sur 100 se font entièrement à pied, et seulement 8 en voiture ou en deux-roues motorisé, selon l’étude publiée par l’Apur en septembre 2026 à partir de l’EGT. Aucune des grandes métropoles comparées ne marche autant. À peine un ménage parisien sur trois possède une voiture (31,8 % en 2022 selon l’Insee). Nous détaillons ces chiffres dans notre article sur Paris, championne de la marche, et les conseils pratiques pour circuler dans la capitale dans notre guide de la mobilité à Paris.

La petite couronne : le réseau dense, mais en étoile

Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne profitent des prolongements de métro et des tramways. Les transports collectifs y restent le premier mode motorisé, et la marche y garde une place importante. La limite est connue : le réseau converge vers Paris. Aller de Nanterre à Créteil reste plus compliqué qu’aller de Nanterre à Châtelet. C’est précisément ce que doit corriger la ligne 15, une rocade autour de Paris.

La grande couronne : la voiture par défaut

En Seine-et-Marne, dans les Yvelines, l’Essonne et le Val-d’Oise, la voiture domine. À l’échelle de la région, deux ménages sur trois en possèdent au moins une (Insee, 2019), une proportion qui grimpe nettement dès qu’on s’éloigne de Paris. Les distances s’allongent, les bus passent moins souvent et les gares sont parfois à plusieurs kilomètres. Les 370 lignes de bus de grande couronne couvrent un territoire immense.

Le boulevard périphérique illustre ce déséquilibre. D’après l’Institut Paris Région, 80 % de ses usagers habitent hors de Paris. Seuls 6 % des trajets qui l’empruntent restent internes à la capitale, 59 % relient Paris et sa banlieue, et 35 % vont d’une banlieue à une autre.

Le réseau de transports en commun en chiffres

Île-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice présidée par la présidente de Région, finance et coordonne l’ensemble. La RATP, la SNCF et plusieurs opérateurs privés exploitent les lignes. Le réseau ferré compte 14 lignes de métro, 5 lignes de RER et 9 lignes de Transilien, auxquelles s’ajoutent plus d’une dizaine de lignes de tramway et environ 1 500 lignes de bus.

Ce réseau coûte cher à faire tourner. Le budget de fonctionnement voté pour 2025 atteignait 11,8 milliards d’euros, avec près de 4 milliards d’investissements dans le matériel roulant. Selon IDFM, le coût réel d’un passe Navigo est de 280,07 € par mois. L’usager en paie 90,80 €, et le reste vient des entreprises (par le versement mobilité), des collectivités et de l’État.

Quai de la station Cité du métro parisien, ligne 4, vide sous les lampes rondes

Combien coûte un trajet en Île-de-France

Depuis la réforme tarifaire de 2025, le prix ne dépend plus de la distance : un ticket métro-train-RER coûte 2,55 € en 2026 pour aller n’importe où dans la région (hors aéroports), et un ticket bus-tram 2,05 €. Le passe Navigo mois, toutes zones, vaut 90,80 €, le Navigo semaine 32,40 € et l’annuel 998,80 €.

Pour un salarié, l’employeur est tenu de rembourser 50 % de l’abonnement. D’après IDFM, neuf Franciliens sur dix paient ainsi 45,40 € par mois ou moins. Attention : ce remboursement porte sur l’abonnement, pas sur les tickets à l’unité. C’est pourquoi le passe devient rentable très vite pour qui travaille sur site plusieurs jours par semaine.

Les prix vont encore monter. Le rapport d’orientation budgétaire d’IDFM prévoit un passe à 93,40 € au 1er janvier 2027, avec un vote définitif en décembre. Nous suivons ce dossier dans notre article sur le passe Navigo 2027, et les formules réduites sont détaillées dans notre page tarifs et bons plans du Navigo.

Le calculateur ci-dessous fait le compte pour votre trajet. Les hypothèses voiture et vélo se modifient dans le menu dépliant.

Calculez le coût et le CO2 de votre trajet en Île-de-France

Entrez votre trajet domicile-travail. Le calcul compare, sur un mois, le passe Navigo, les tickets, la voiture, le covoiturage et le vélo.

Ajuster les hypothèses voiture et vélo

Tarifs Île-de-France Mobilités 2026 : passe Navigo mois 90,80 €, ticket métro-train-RER 2,55 €, ticket bus-tram 2,05 €. Émissions : ADEME, Impact CO2, en grammes de CO2e par kilomètre et par personne. Le remboursement de l’employeur porte sur l’abonnement, pas sur les tickets à l’unité. Le vélo électrique est amorti sur 36 mois, entretien compris (8 € par mois). Le calcul compte un aller et un retour par jour et 52 semaines par an. Ce sont des estimations : elles ne remplacent pas votre propre relevé de frais.

Le vélo, qui progresse sans encore peser lourd

Le vélo reste minoritaire à l’échelle de la région : environ 2 % des déplacements dans l’EGT de 2018. Il est très concentré, puisque 30 % des déplacements à vélo de toute la région sont faits par des Parisiens, selon l’enquête GPS. Mais il progresse vite là où les pistes existent.

Le réseau Vélo Île-de-France, porté par la Région, compte environ 350 km de pistes ouvertes sur les 750 km promis pour 2030. En septembre 2026, la Région a annoncé 70 millions d’euros sur quatre ans pour supprimer 22 coupures : des ponts, des voies ferrées et des échangeurs où la piste s’interrompt. Nous avons fait le point sur ce plan régional et sur le nouveau plan vélo de Paris.

Pour les salariés, le forfait mobilités durables permet à l’employeur de prendre en charge une partie des trajets à vélo ou en covoiturage, sans charges sociales jusqu’à un plafond annuel.

Une cycliste et un cycliste roulent sur une piste cyclable urbaine au milieu des piétons

Ce qui change d’ici 2031 : le Grand Paris Express et le reste

Le Grand Paris Express est le plus grand chantier de transport d’Europe : environ 200 km de métro automatique et 68 gares, dont la majorité en banlieue. Son calendrier a glissé plusieurs fois. Voici celui confirmé par la Société des grands projets au 24 septembre 2026 :

LigneTronçonMise en service annoncée
Ligne 14Saint-Denis Pleyel – Aéroport d’OrlyEn service depuis juin 2024
Ligne 18Massy-Palaiseau – plateau de SaclayDécembre 2026
Ligne 15 SudPont de Sèvres – Noisy-ChampsAutomne 2027
Ligne 18Massy – Aéroport d’OrlyFin 2027
Lignes 16 et 17Première phaseAutomne 2028
Lignes 16 et 17Seconde phase (dont Sevran, Clichy-Montfermeil)Automne 2029
Ligne 17Jusqu’à l’aéroport Charles-de-Gaulle2030
Lignes 15 Ouest et EstRocade complète2031

Ces dates restent des objectifs, pas des promesses. La ligne 15 Sud devait ouvrir fin 2025 avant d’être repoussée trois fois. Nous mettons ce calendrier à jour à chaque annonce dans notre suivi du Grand Paris Express.

Le réseau existant change aussi. Les 360 rames du Francilien, qui circulent sur la plupart des lignes Transilien, vont être rénovées pour 3 milliards d’euros d’ici 2043 (notre article). Côté route, le tube nord du tunnel de Saint-Cloud, sur l’A13, ferme du 16 novembre 2026 à fin août 2027, ce qui reporte environ 80 000 véhicules par jour sur d’autres itinéraires (les solutions de repli).

La ZFE du Grand Paris : toujours en vigueur

La zone à faibles émissions du Grand Paris couvre les communes situées à l’intérieur de l’A86. Son avenir a été très débattu en 2026. Le Parlement avait voté sa suppression dans la loi de simplification, mais le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure le 21 mai 2026 (décision n° 2026-903 DC), parce qu’elle n’avait pas de lien suffisant avec le texte. Une proposition de loi spécifique est revenue à l’Assemblée le 8 octobre, mais la séance s’est terminée avant le vote.

Les ZFE restent donc en vigueur, et la vignette Crit’Air reste exigée. Pour savoir si votre véhicule est concerné, consultez notre guide pour vérifier si votre voiture peut circuler en ZFE et notre article sur le vote du 8 octobre.

Le télétravail a déplacé les heures de pointe

Le télétravail s’est installé, mais pas de façon uniforme. Les actifs qui télétravaillent le font en moyenne 2,1 jours par semaine. La répartition sur la semaine est très inégale : 16 % des actifs télétravaillent le lundi, contre 24 % le vendredi, et chez les cadres la proportion atteint 40 % le vendredi. Conséquence pratique : le milieu de semaine concentre davantage de salariés sur site. Si vous avez le choix, venir le lundi ou le vendredi vous fera souvent voyager dans des rames moins pleines. Nous avons détaillé ces effets dans notre article sur télétravail et mobilité.

Questions fréquentes

Combien de déplacements font les Franciliens chaque jour ?

Environ 34,5 millions un jour de semaine selon l’enquête GPS de l’Institut Paris Région (2022-2023), et environ 43 millions selon l’Enquête globale transport de 2018. Les deux méthodes diffèrent, leurs chiffres ne se comparent pas directement.

Quel est le mode de transport le plus utilisé en Île-de-France ?

La marche, si l’on compte tous les déplacements. Pour aller travailler, ce sont les transports collectifs (45 %), devant la voiture (33 %). En grande couronne, la voiture reste majoritaire.

Le passe Navigo est-il rentable si je télétravaille ?

Avec le remboursement de 50 % par l’employeur, le passe coûte 45,40 € par mois. À 2,55 € le ticket, il devient rentable dès 18 trajets par mois, soit environ deux jours sur site par semaine. Sans remboursement, il faut environ 36 trajets.

Quand le Grand Paris Express sera-t-il terminé ?

La rocade complète de la ligne 15 est annoncée pour 2031. Les premières ouvertures commencent avec la ligne 18 en décembre 2026, puis la ligne 15 Sud à l’automne 2027.

La ZFE du Grand Paris est-elle supprimée ?

Non. La suppression votée dans la loi de simplification a été censurée par le Conseil constitutionnel en mai 2026, et la proposition de loi examinée le 8 octobre 2026 n’a pas été votée.

Comment nous avons préparé ce guide

Chaque chiffre de cet article renvoie à une source publique, citée ci-dessous. Quand deux sources ne mesurent pas la même chose, comme l’EGT de 2018 et l’enquête GPS de 2022-2023, nous le signalons au lieu de les mettre bout à bout. Les dates du Grand Paris Express sont celles du dernier communiqué officiel, et nous les mettons à jour à chaque annonce. Les émissions du calculateur reprennent les facteurs publiés par l’ADEME. Vous avez repéré une erreur ou une donnée plus récente ? Écrivez-nous depuis la page contact, nous corrigeons et nous datons la correction. Nos règles complètes sont dans notre charte éditoriale.

Mis à jour le 4 novembre 2026.

Sources : Institut Paris Région, « Enquête régionale sur la mobilité des Franciliens » (enquête GPS 2022-2023, publiée le 4 avril 2024) ; Île-de-France Mobilités et Omnil, Enquête globale transport 2018 ; Insee, estimations de population au 1er janvier 2025 et motorisation des ménages ; préfecture de la région Île-de-France, chiffres clés des transports (septembre 2025) ; Île-de-France Mobilités, tarifs 2026, budget 2025 et rapport d’orientation budgétaire 2027 ; Apur, « Nouvelles mobilités métropolitaines », septembre 2026 ; Société des grands projets, communiqué du 24 septembre 2026 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2026-903 DC du 21 mai 2026 ; Assemblée nationale, proposition de loi n° 2970 ; Région Île-de-France et Île-de-France Mobilités, communiqué du 11 septembre 2026 sur le réseau Vélo Île-de-France ; ADEME, Impact CO2.