Marseille, deuxième ville de France, fait face à des défis majeurs en matière de mobilité urbaine. Entre congestion routière, évolution des transports en commun et transformation numérique, la cité phocéenne doit adapter ses infrastructures pour répondre aux attentes de ses 870 000 habitants. En 2026, plusieurs projets structurants devraient transformer le paysage des transports à Marseille. Cet article vous propose un tour d’horizon complet de la situation actuelle et des perspectives d’amélioration.
La situation actuelle des transports à Marseille
Marseille accuse un retard notable comparé aux autres grandes métropoles françaises en matière d’offre de transports en commun. Actuellement, seules deux lignes de métro desservent la ville, contre 14 à Lyon ou 16 à Paris. Cette insuffisance structurelle génère une dépendance accrue à l’automobile, avec environ 60% des déplacements domicile-travail effectués en voiture particulière.
La Régie des Transports Métropolitains (RTM) exploite un réseau composé de :
- 2 lignes de métro (100 km de réseau)
- 73 lignes de bus
- 2 lignes de tramway (18 km)
- 4 lignes de transport maritime (navettes côtières)
Bien que ce réseau transporte environ 210 millions de voyageurs annuels, il reste saturé aux heures de pointe et ne couvre pas efficacement l’ensemble de l’agglomération. Les temps d’attente, souvent supérieurs à 15 minutes, découragent les usagers potentiels.
Les défis majeurs à relever
La congestion routière
Marseille enregistre environ 80 000 véhicules circulant quotidiennement sur ses axes principaux. Cette charge explique une vitesse moyenne de circulation estimée à 25 km/h en heure de pointe, loin des standards urbains acceptables. Les émissions polluantes qui en résultent classent régulièrement la ville parmi les plus polluées de France.
L’accessibilité et l’équité territoriale
Les quartiers périphériques, particulièrement le nord et l’est de la ville, souffrent d’une couverture de transports en commun insuffisante. Cette situation crée une fragmentation socio-spatiale où les habitants des zones mal desservies consacrent en moyenne 8% à 12% de leurs revenus à la mobilité, contre 5% pour les résidents du centre.
Le vieillissement des infrastructures
Une part significative du matériel roulant date des années 1990. Le métro, notamment, nécessite des investissements de modernisation estimés à plus de 500 millions d’euros pour garantir sa fiabilité à moyen terme.
Les grands projets 2026
L’extension du métro vers l’est
Le projet phare du quinquennat est l’extension de la ligne 1 du métro jusqu’à Madrague. Cette nouvelle section, longue de 5,5 km et comportant 7 nouvelles stations, devrait être opérationnelle en 2026. Elle permettra de desservir 150 000 habitants supplémentaires et réduire le temps de trajets de 20 à 30 minutes pour les usagers de Château-Gombert et Madrague.
Le coût total de ce projet atteint 1,1 milliard d’euros, financé par l’État, la Région, le Département et les fonds européens.
Le tramway étendu
Une troisième ligne de tramway est en phase de finalisation. Reliant La Blancarde au Prado par le centre-ville, elle ajoutera 12 km de voies et 20 stations. Cette ligne, attendue pour début 2026, devrait augmenter la capacité de transport en commun de 35% et réduire d’autant la circulation automobile sur ces axes stratégiques.
La modernisation des bus
La RTM investit 380 millions d’euros dans le renouvellement de sa flotte. D’ici 2026, 450 nouveaux bus électriques ou hybrides circuleront à Marseille, réduisant les émissions polluantes de 55% sur ce segment. Ces véhicules offriront également une meilleure accessibilité (rampes d’accès améliorées, information passagers en temps réel).
| Moyen de transport | Situation actuelle | Situation 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Métro | 100 km | 105,5 km | +5,5 km |
| Tramway | 18 km | 30 km | +12 km |
| Bus (flotte) | 640 véhicules | 890 véhicules | +250 bus |
| Capacité globale | 210M voyageurs/an | 290M voyageurs/an | +38% |
Les initiatives en matière de mobilité douce
Le développement du vélo
Marseille lance son système de vélos en libre-service augmenté, appelé « Vélo Bleu 2.0 ». Le nouveau programme prévoit 4 500 vélos et 450 stations (contre 3 000 et 350 actuellement). Un investissement de 60 millions d’euros dédié également à la création de 85 km de pistes cyclables ségrégées d’ici 2026.
Les zones à faibles émissions
À partir de 2026, une Zone à Faibles Émissions (ZFE) couvrant le cœur de ville restreindra l’accès aux véhicules les plus polluants. Cette mesure, progressivement encadrant les normes Euro, devrait inciter 25% à 30% des automobilistes à basculer vers les transports en commun.
Conseils pratiques pour se déplacer à Marseille en 2026
Pour optimiser votre mobilité à Marseille, voici nos recommandations :
- Adopter un forfait multimodal : La nouvelle carte Mistral permet d’accéder au métro, bus, tramway et navettes maritimes avec un seul titre. Économique et pratique.
- Préférer le métro aux heures de pointe : Moins affecté par les embouteillages, il garantit une plus grande fiabilité entre 7h30 et 9h30.
- Utiliser les applications de mobilité : MaaS Provence et la nouvelle plateforme Citymobil offrent des itinéraires combinés et des temps de trajets actualisés.
- Exploiter les nouveaux itinéraires tramway : Dès 2026, la ligne 3 du tramway offrira un trajet direct vers le Prado en 25 minutes depuis la gare Saint-Charles.
- Envisager le covoiturage : Les bouchons méridionaux rendent le covoiturage attractif; des plateformes comme BlaBlaCar proposent des trajets domicile-travail réguliers à tarifs réduits.
Perspectives à plus long terme
Au-delà de 2026, Marseille envisage plusieurs projets structurants : la modernisation de la gare Saint-Charles, la création d’une quatrième ligne de métro traversant nord-sud, et le développement d’un réseau express côtier reliant les plages et les sites touristiques par transport en commun performant.
L’Agence d’Urbanisme et d’Aménagement Provence-Côte d’Azur (AUPA) travaille également sur des solutions innovantes : les bus autonomes testés depuis 2024 sur la ligne du Vieux-Port pourraient être généralisés aux zones périphériques peu denses d’ici 2027.
Marseille s’inscrit progressivement dans une transition mobilité cohérente, bien que lente comparée aux standards européens. Les investissements décidés dépassent les 2,5 milliards d’euros pour la décennie 2020-2030, signalant une volonté politique réelle de transformer la donne.
Conclusion : une mutation progressive
L’année 2026 marque un tournant pour la mobilité marseillaise. Avec l’arrivée de la ligne 1 du métro jusqu’à Madrague, la troisième ligne de tramway et le doublement de la flotte de bus, la ville offrirait enfin une alternative viable à l’automobile pour plusieurs centaines de milliers de déplacements quotidiens.
Ces transformations ne suffiront pas à elles seules à résoudre les problèmes de congestion et de pollution. Un changement comportemental des habitants restera indispensable, soutenu par des politiques tarifaires attractives et une communication efficace sur les gains en temps et en pouvoir d’achat.
N’attendez plus pour adapter votre mobilité : consultez dès à présent le calendrier de la RTM, explorez les nouveaux itinéraires disponibles, et envisagez le passage aux transports en commun pour vos trajets réguliers. Marseille de demain sera celle que nous construisons ensemble, en privilégiant des modes de déplacement plus doux, plus équitables et plus durables.
