À Paris, 56 déplacements sur 100 se font à pied de bout en bout, et 8 seulement en voiture ou en deux-roues motorisé. C’est ce que montre l’étude « Nouvelles mobilités métropolitaines » publiée en septembre 2026 par l’Apur, l’Atelier parisien d’urbanisme, qui compare Paris à Amsterdam, Barcelone, Berlin, Londres, New York et Tokyo. Sur la marche, aucune des six autres ne fait mieux. Sur le vélo, presque toutes font mieux. Voici les chiffres, et ce qu’ils disent de ton trajet quotidien.
Le résumé en 1 min 30, si tu préfères écouter.
Paris, championne de la marche : les chiffres ville par ville
L’Apur mesure le mode principal de chaque déplacement un jour de semaine, à partir des enquêtes officielles de chaque métropole. Pour Paris, la référence est l’Enquête Globale Transport 2019-2020, la dernière consolidée avant la pandémie. Voici ce que donnent les villes-centres, celles que tu peux comparer à Paris intra-muros.
| Ville-centre | À pied | Transports en commun | Vélo | Voiture et deux-roues motorisés |
|---|---|---|---|---|
| Paris (2019) | 56 % | 31 % | 3 % | 8 % |
| Barcelone | 55 % | 26 % | 2 % | 16 % |
| Centre de Londres | 43 % | 33 % | environ 3 % | 17 % |
| Centre de Berlin | 38 % | 26 à 27 % | 24 % | 11 % |
| New York City (2024) | 38 % | 21 % | 3 % | 38 % |
| Amsterdam (2022) | 30 % | 11 % | 34 % | 21 % |
| Tokyo, 23 arrondissements | 24 % | 54 % | 13 % | 9 % |
Lis la ligne de Paris et compare. La marche y pèse 13 points de plus qu’au centre de Londres, 18 de plus qu’au centre de Berlin, 26 de plus qu’à Amsterdam et 32 de plus qu’au cœur de Tokyo. Seule Barcelone tient la comparaison, avec 55 % et une progression de 10 points en six ans.
Deux précisions pour ne pas lire de travers. L’Apur ne compte comme « à pied » que les trajets faits entièrement à pied : le bout de chemin jusqu’au métro n’est pas compté, sinon presque tous les déplacements seraient de la marche. Et les chiffres de Paris datent de 2019 : la nouvelle enquête francilienne est en cours de consolidation, et les premiers signaux montrent un peu moins de transports en commun et davantage de vélo depuis la pandémie.
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Ce que montre la vidéo
À Paris, 56 % des déplacements se font à pied et 8 % en voiture, 68 % des ménages n’ont pas de voiture. Le seul mode où la capitale est à la traîne : le vélo, 3 % contre 34 % à Amsterdam. Tableau ville par ville, écart Paris et Grand Paris, et ce que ça change pour ton trajet.
Pourquoi les Parisiens marchent autant
Ce n’est pas une mode, c’est vingt ans de glissement. En 2001, la marche représentait 47 % des déplacements des Parisiens et la voiture 21 %. En 2019, on est à 56 % et 8 %. Neuf points gagnés par la marche, treize perdus par la voiture, le reste allant aux transports en commun et au vélo.
Trois choses expliquent l’écart avec les autres capitales. D’abord la densité : Paris et Manhattan sont les deux villes-centres les plus denses de l’étude, et quand tout est à dix minutes, on y va à pied. Ensuite l’équipement : 68 % des ménages parisiens n’ont pas de voiture, contre 64 % au centre de Londres, 62 % au centre de Berlin et 49 % à New York City. Enfin l’espace public : rues aux écoles, berges de Seine rendues aux piétons, périphérique à 50 km/h, rues à 30 km/h. L’Apur cite le Grand Paris, le Grand Londres, Amsterdam et Barcelone comme les métropoles qui se servent le plus de la baisse de vitesse pour partager la rue autrement. On t’en parlait déjà dans notre dossier sur la piétonisation et l’urbanisme tactique.

Le vélo : le seul mode où Paris est à la traîne
C’est le point noir du tableau. Les Parisiens font 3 % de leurs déplacements à vélo de bout en bout. Les habitants d’Amsterdam en font 34 %, ceux du centre de Berlin 24 %, ceux de Tokyo 13 %. L’écart avec Amsterdam est de 31 points.
Ce n’est pas faute d’infrastructure : la Ville de Paris compte 1 293 km d’aménagements cyclables en 2025, contre 181 km en 2000. La différence, c’est l’ancienneté de la pratique. À Amsterdam, Berlin ou Tokyo, le vélo est un héritage. À Paris, Barcelone, Londres ou New York, il est « émergent », selon le mot de l’Apur : il ne dépasse 5 % nulle part, mais il monte vite en volume. Le problème francilien, ce sont surtout les coupures d’itinéraire, celles que la Région vient de chiffrer et que nous détaillions dans notre article sur les 22 coupures du réseau Vélo Île-de-France.
Le Grand Paris, c’est une autre histoire
Si tu habites en petite couronne, les chiffres changent. À l’échelle de la métropole du Grand Paris, la marche tombe à 48 % des déplacements, les transports en commun à 27 %, et la voiture remonte à 22 %. Hors de Paris, les habitants de la métropole utilisent la voiture trois fois plus que les Parisiens : 29 % de leurs déplacements en 2019. Mais là aussi, la tendance est nette, puisqu’on était à 43 % en 2001.
Ce schéma centre-périphérie se retrouve partout. Au centre de Berlin, 11 % de déplacements en voiture ; dans le reste du Land, 29 %. Dans l’Inner London, 17 % ; dans l’Outer London, 38 %. À Tokyo, en revanche, l’écart est faible : la voiture est rare partout, parce que la ville interdit d’en posséder une sans place de stationnement attitrée, et qu’il n’y a presque pas de stationnement en surface.

Ce que les six autres font, et que Paris ne fait pas
Sur la régulation de la voiture, Paris n’est pas seule : six métropoles sur sept ont une zone à faibles émissions, avec des contrôles et des amendes qui varient beaucoup. Deux sont allées plus loin avec un péage urbain : Londres dans l’hypercentre depuis 2003, New York au sud de Manhattan depuis le 1er janvier 2025. À Londres, la part des déplacements en voiture est passée de 41 % en 2005 à 30 % en 2023 à l’échelle du Grand Londres. Les chiffres new-yorkais de 2024 datent d’avant le péage ; le prochain relevé dira s’il a pesé.
Sur les objectifs, les autres affichent des cibles chiffrées. Londres vise 80 % des déplacements à pied, à vélo ou en transports en commun en 2041. Berlin vise 82 % à l’intérieur du Land dès 2030, et veut que chaque habitant soit à moins de 400 mètres du réseau cyclable. Paris est déjà à 90 % de modes actifs et collectifs dans la ville-centre, mais 78 % à l’échelle du Grand Paris. Si tu veux comparer avec les villes qu’on cite toujours en exemple, relis notre dossier Copenhague, Amsterdam, Singapour : les villes modèles de la mobilité.
Ce que ça change pour toi
D’abord, une chose que l’étude note sans encore l’expliquer : dans le Grand Paris comme à Londres, Berlin et Tokyo, le nombre moyen de déplacements par habitant et par jour baisse sur le long terme. Télétravail, visioconférence, achats en ligne, vieillissement : les pistes sont posées, pas encore chiffrées. Tu bouges moins souvent, mais pas forcément moins loin.
Ensuite, la marche est devenue le mode dominant à Paris sans qu’on l’ait vraiment décidé. Les investissements vont au métro, au vélo, à la voiture électrique, dont la part atteint 9 % du parc léger métropolitain en 2025 contre 1 % en 2016. Le piéton, lui, hérite de ce qui reste : trottoirs encombrés, feux réglés pour les voitures, conflits avec les vélos et les trottinettes. L’Apur le dit avec ses mots : l’intensification des déplacements et les différences de vitesse obligent à repenser la gestion des conflits d’usage.
Enfin, si tu compares Paris à Tokyo pour dire que « le métro, c’est mieux ailleurs », regarde la bonne ligne du tableau : Tokyo fait 54 % de ses déplacements en transports en commun et marche très peu. Paris fait 31 % et marche beaucoup. Les deux villes ont le même point commun : moins d’un déplacement sur dix en voiture.
Sources : Apur, « Nouvelles mobilités métropolitaines : analyse comparée dans 7 métropoles mondiales », septembre 2026 (enquêtes EGT 2019-2020 pour l’Île-de-France, LTDS 2023-2024 pour Londres, Citywide Mobility Survey 2024 pour New York, enquêtes locales pour Amsterdam 2022, Berlin, Barcelone et Tokyo) ; Ville de Paris, « Paris championne du monde de la marche », 17 septembre 2026.
