Le gouvernement a annoncé le 22 septembre que la prime carburant versée par ton employeur pouvait monter à 1 000 € par an. Avant de faire des plans, trois précisions : ce n’est pas l’État qui paie, aucune entreprise n’est obligée de la verser, et au 28 septembre les textes qui portent ce plafond ne sont toujours pas publiés.
Le résumé en 1 min 30, si tu préfères écouter.
Ce que Bercy a annoncé le 22 septembre
Le ministère de l’Économie a publié le 22 septembre un communiqué numéroté 1054, chiffré à 450 millions d’euros. Il annonce le renouvellement de l’aide « grands rouleurs », une règle d’or sur la fiscalité des carburants, des aides sectorielles pour la pêche, l’agriculture et le BTP, et le relèvement du plafond de défiscalisation de la prime carburant.
La phrase exacte du communiqué mérite d’être lue lentement. Le plafond « sera désormais fixé de manière exceptionnelle à 1 000 €/an afin de donner la possibilité aux employeurs de soutenir leurs salariés prenant la voiture pour se rendre au travail ». Donner la possibilité. Pas obliger, pas verser.
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Ce que montre la vidéo
Au 28 septembre, l’URSSAF affiche encore 600 €, les textes ne sont pas publiés, et la prime reste facultative.
Trois plafonds circulent, et ils ne disent pas la même chose
Depuis le début de l’année, trois chiffres se succèdent pour la même prime. Chacun correspond à un état différent du droit.
- 300 € par an et par salarié : le régime normal, celui d’avant la crise des prix à la pompe.
- 600 € : le plafond porté par un communiqué du Bulletin officiel de la Sécurité sociale du 6 août 2026, relayé par l’URSSAF dans une actualité du 19 août.
- 1 000 € : l’annonce du 22 septembre, reprise dès le lendemain par le Code du travail numérique, le site officiel du ministère du Travail.
Ce 28 septembre, la page de l’URSSAF consacrée à la prime de carburant affiche toujours 600 €. Le Code du travail numérique, lui, écrit noir sur blanc que « les textes réglementaires destinés à modifier formellement le régime social de la prime carburant ne sont pas encore publiés ». L’administration autorise les employeurs à anticiper dans leurs déclarations, sans attendre ces textes. C’est une tolérance de l’administration, pas encore une règle écrite.

Personne n’oblige ton employeur à te verser quoi que ce soit
C’est le point que les reprises rapides écrasent. La prime carburant, aussi appelée prime de transport, est facultative. Le Code du travail numérique le rappelle en une ligne : l’employeur « peut » prendre en charge tout ou partie des frais de carburant engagés pour les trajets entre la résidence habituelle et le lieu de travail.
Son montant et ses critères se fixent dans l’entreprise, dans cet ordre :
- par un accord d’entreprise ou interentreprises ;
- à défaut, par un accord de branche ;
- à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur, après consultation du comité social et économique quand il existe.
Autrement dit : si rien n’a été décidé chez toi, le plafond peut passer à 1 000 € ou à 10 000 €, tu ne toucheras rien. Le chiffre annoncé ne dit pas ce que tu vas recevoir. Il dit seulement jusqu’où ton entreprise peut aller sans payer de cotisations dessus.
Les trois situations qui ouvrent droit à la prime
Même assouplie, la prime reste réservée à certains salariés. Jusqu’au 31 décembre 2026, tu peux la toucher même si ton domicile ou ton lieu de travail est desservi par les transports en commun. Cette condition de non-desserte, qui bloquait beaucoup de monde, est suspendue.
Il faut en revanche te trouver dans l’une des trois situations suivantes :
- tu habites ou tu travailles dans une agglomération de moins de 100 000 habitants ;
- tes horaires sont incompatibles avec les transports en commun ;
- tu peux être amené à te déplacer à tes frais sur plusieurs lieux de travail.
Les horaires décalés et les tournées sur plusieurs sites couvrent une bonne part des salariés concernés. La troisième situation vise aussi ceux qui roulent d’un chantier ou d’un client à l’autre avec leur propre voiture.
Le cumul avec ton abonnement de transport est possible, jusqu’à la fin de l’année
En principe, la prime carburant ne se cumule pas avec la prise en charge obligatoire de ton abonnement de transport public, celle qui te rembourse la moitié de ton titre. Ce verrou est levé jusqu’au 31 décembre 2026.
Concrètement, tu peux prendre le train ou le métro une partie de la semaine, garder le remboursement de ton abonnement, et recevoir la prime carburant pour les jours où tu prends ta voiture. Si tu veux comparer ce que coûte réellement ton abonnement selon ta ville, notre comparatif des abonnements de transport par métropole donne les tarifs à jour.

Dans la limite du plafond, tu touches la somme nette
C’est l’intérêt réel du dispositif. Dans la limite du plafond, la prise en charge est exonérée de cotisations et contributions sociales, et d’impôt sur le revenu. Ni ton employeur ni toi ne payez de charges dessus, et la somme n’entre pas dans ton revenu imposable.
C’est ce qui différencie cette prime d’une augmentation classique. Pour l’entreprise, 1 000 € versés coûtent 1 000 €. Pour toi, 1 000 € versés valent 1 000 €. C’est précisément ce que Bercy met en avant en parlant d’une aide « actionnable par les entreprises ».
Ne la confonds pas avec l’aide « grands rouleurs »
Les deux dispositifs ont été annoncés le même jour et tout le monde les mélange. Ils n’ont pourtant ni le même payeur, ni les mêmes conditions, ni le même guichet.
L’aide « grands rouleurs » est versée par l’État. Son montant double pour octobre, novembre et décembre : l’équivalent de 40 centimes par litre contre 20 centimes jusqu’ici, soit 100 € sur trois mois contre 50 € auparavant. Elle s’étend à 5,5 millions de personnes contre 3 millions. Il faut gagner jusqu’à 2 050 € pour une personne seule, 4 070 € nets pour un couple, 6 100 € pour un couple avec deux enfants, et parcourir au moins 15 km entre le domicile et le travail, ou 8 000 km par an dans le cadre professionnel. Les bénéficiaires de la période avril-septembre la recevront automatiquement. Nous avions détaillé ce guichet et son calendrier quand le gazole a dépassé 2,41 € le litre.
La prime carburant, elle, vient de ton entreprise. Les deux se cumulent, mais chacune a son calendrier, et les deux s’éteignent au 31 décembre 2026.
Ce que tu peux faire cette semaine
- Vérifie ta fiche de paie. Si ton entreprise verse déjà une prime de transport, elle y figure en ligne distincte. Tu sauras à quel étage tu te situes.
- Pose la question aux ressources humaines ou à ton représentant au CSE. C’est là que la décision se prend, pas à Bercy.
- Regarde l’autre dispositif employeur. Le forfait mobilités durables couvre le vélo, le covoiturage et l’autopartage, avec ses propres règles. Notre guide du forfait mobilités durables détaille qui y a droit.
- Note la date. Ces règles temporaires ne valent que pour les primes versées jusqu’au 31 décembre 2026. À compter du 1er janvier 2027, elles ne sont plus applicables.
Nos sources
- Communiqué de presse du ministère de l’Économie n° 1054, 22 septembre 2026 : « Carburants : Extension des dispositifs de soutien de l’État aux professionnels et aux Français pour un coût de 450M€ ».
- Code du travail numérique, ministère du Travail, actualité du 23 septembre 2026 : « Prime carburant : jusqu’à 1 000 € exonérés en 2026 ».
- URSSAF, actualité du 19 août 2026 : « Prime de carburant, mesures applicables en 2026 », consultée le 28 septembre 2026.
- Communiqué du Bulletin officiel de la Sécurité sociale du 6 août 2026, cité en référence par l’URSSAF.
