En octobre 2026, 41 % des voitures neuves immatriculées en France sont électriques : 61 958 sur 149 340, contre 24 % un an plus tôt. C’est un record. Sur le marché de l’occasion, où il se vend trois fois plus de voitures, l’électrique ne pèse que 6,23 %. Le neuf a basculé. Le parking de ton immeuble, pas encore.

Le résumé en 83 secondes

Les chiffres d’octobre, ligne par ligne

Le marché du neuf progresse de 7 % sur un an, avec pourtant un jour ouvré de moins. C’est sa sixième hausse d’affilée. Voici le partage par énergie, selon AAA Data.

Énergie Immatriculations Part du marché Sur un an
Électrique 61 958 41 % +81,7 %
Hybride simple 28 143 19 % -2 %
Hybride léger 25 707 17 % -12 %
Essence 14 909 10 % -44 %
Hybride rechargeable 10 503 7 % +13 %
GPL 4 514 3 % +4 %
Diesel 2 034 1 % -65 %

Les lignes ne bouclent pas à l’unité près : les bilans publiés laissent environ 1 500 voitures hors de ces familles. Additionnés, les hybrides restent la première famille, à 44 %, mais leur volume baisse de 4 %. À côté de l’électrique, seuls le rechargeable, porté notamment par les modèles chinois, et le GPL progressent.

Chez les particuliers, la part de l’électrique monte à 45 % : 37 746 voitures sur 84 757. Le diesel, lui, ne représente plus qu’une voiture neuve sur 73.

Pourquoi ce bond, et pourquoi s’en méfier un peu

Le record ne doit rien à Tesla. Le Model Y, en tête en septembre avec 8 183 immatriculations, retombe à 1 748 en octobre et à la huitième place. Ce sont des modèles français, surtout des citadines, qui tirent le mois : Twingo (4 747), Renault 5 (4 666), e-208 (3 221), Scénic (3 037), ë-C3 (2 736).

Le Nouvel Automobiliste avance aussi ces explications :

Maintenant, la réserve. Une immatriculation arrive après la commande. Fin août, 29 800 voitures du leasing social étaient déjà commandées, et elles sortent au fil des livraisons. Les bilans que nous avons lus ne chiffrent pas leur poids dans le mois d’octobre, donc une partie de ce pic peut être un effet de guichet. Le chiffre le plus solide reste le cumul sur dix mois : 449 294 électriques, soit 32 % du marché, contre 18,9 % sur la même période de 2025 selon la Plateforme automobile.

« Acheter » une électrique ? Six particuliers sur dix ne passent plus par là

Le mot achat trompe. De janvier à septembre, les particuliers ont financé leur voiture neuve ainsi, toutes énergies confondues :

Attention, ce partage vaut pour tout le marché. Nous n’avons pas trouvé le même détail pour l’électrique seul. Mais il change la lecture du record : pour beaucoup de ménages, la question n’est plus le prix de la voiture. C’est le loyer, et ce qui se passe à la fin.

Une conseillère remet une clé de voiture à une cliente, un homme à ses côtés, dans un hall de concession

Avant de signer, regarde quatre lignes du contrat : le kilométrage annuel, les frais de remise en état à la restitution, ce que le loyer inclut vraiment, et le prix de rachat s’il y en a un. Et vérifie le type de contrat, parce que la protection qui arrive le 20 novembre couvre la LOA, mais pas la LLD.

L’occasion, là où la plupart des ménages achètent

En octobre, il s’est vendu 448 986 voitures d’occasion, en baisse de 7,2 %. Le diesel recule de 16,9 % et l’essence de 8,7 %. L’électrique fait l’inverse : 27 961 ventes, soit 42,8 % de plus. Entre particuliers, elle bondit de 66,8 %, à 4 967 ventes.

Ça part de très bas, et une aide y contribue : la prime dédiée à l’électrique d’occasion existe depuis le 1er septembre.

La suite se joue dans quelques années. Les voitures louées aujourd’hui reviennent en fin de contrat et alimentent l’occasion récente. Logiquement, l’offre devrait donc grossir. C’est une déduction de notre part : personne ne peut dire aujourd’hui à quel rythme, ni à quel prix. N’attends pas une baisse que rien ne garantit si ta voiture te lâche demain.

Sur la route, l’électrique reste minoritaire

Un record de ventes n’est pas un parc. Environ 1,8 million de véhicules électriques circulent en France, selon L’Automobiliste. Le parc diesel, lui, compte environ 18,4 millions de voitures d’après Le Nouvel Automobiliste. Les 449 294 électriques vendues depuis janvier représentent déjà l’équivalent d’un quart environ de ce parc électrique. La demande de recharge suit forcément.

Homme debout sur un trottoir pavé, téléphone en main, près de sa voiture blanche en charge à une borne

Fin septembre, le baromètre de l’Avere recensait 202 804 points de recharge ouverts au public, soit un pour neuf véhicules électriques environ. Chaque point enregistre 32,7 sessions par mois en moyenne, contre 25,2 un an plus tôt. Le réseau grandit, et il sert aussi davantage. Côté prix, garde en tête l’écart de 0,39 à 0,69 € le kWh sur les bornes rapides d’autoroute.

Ce que tu fais de ce chiffre, selon ton cas

Le prochain test tombe début décembre, avec le bilan de novembre. Si l’électrique reste nettement au-dessus de 32 %, le mouvement est installé. S’il retombe, octobre devra sans doute beaucoup aux livraisons.

Sources

AAA Data et Plateforme automobile (PFA), chiffres repris par Le Nouvel Automobiliste (2 novembre 2026), Sud Radio (2 novembre 2026), Motor1 France et Blog Moteur (6 novembre 2026) ; L’Automobiliste du 24 octobre 2026 pour le baromètre Avere-France de fin septembre, et du 2 septembre 2026 pour les commandes du leasing social. Nous n’avons pas pu lire directement les communiqués d’AAA Data et de la PFA : les chiffres sont cités à travers ces médias, qui concordent entre eux.