Depuis le 1er septembre 2026, rouler en trottinette électrique sans casque peut te coûter 135 euros à Paris et dans les trois départements de la petite couronne, et 35 euros dans le Nord ou le Pas-de-Calais. Même geste, même engin, mais pas la même facture. Et dans la plupart des autres villes de France, il n’y a toujours aucune obligation pour un adulte en agglomération. Voici la carte réelle des règles à la rentrée, avec les textes qui les fondent.

Le résumé en 1 min 30, si tu préfères écouter.

Ce qui a changé au 1er septembre 2026

Deux vagues d’arrêtés préfectoraux se sont succédé cet été, et la rentrée marque le moment où elles s’appliquent toutes.

Dans les trois cas, la règle vise les engins de déplacement personnel motorisés, les EDPM : trottinettes électriques, gyropodes, monoroues, hoverboards. Les trottinettes en libre-service sont concernées. Les vélos et les vélos à assistance électrique ne le sont pas.

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Depuis le 1er septembre 2026, rouler sans casque en trottinette coûte 135 € à Paris et en petite couronne, 35 € dans le Nord et le Pas-de-Calais, et rien presque partout ailleurs.

Paris et petite couronne : 135 euros sans casque, 35 euros sans gilet

Le texte est l’arrêté n° 2026-00969 de la préfecture de police, daté du 7 août 2026 et relayé par Service-Public.fr le 12 août. Il crée deux obligations distinctes pour toute personne qui circule en EDPM sur la voie publique à Paris et dans les départements 92, 93 et 94 :

Le cumul est donc possible : 170 euros pour un trajet sans casque ni gilet. L’obligation vaut de jour comme de nuit, et elle s’ajoute aux règles nationales déjà en place que tu retrouves dans notre récapitulatif des amendes en trottinette électrique : trottoir interdit, 25 km/h maximum, 14 ans minimum, un seul passager à bord, c’est-à-dire toi.

Trottinettes électriques et cyclistes sans casque sur un passage piéton en ville
Au 1er septembre 2026, cette scène coûte 135 euros par trottinette à Paris, 35 euros à Lille.

Nord et Pas-de-Calais : la même obligation, une amende quatre fois plus faible

Le préfet du Nord a signé son arrêté le 30 juillet 2026, pour une entrée en vigueur le 1er septembre. Il couvre l’ensemble du département et toutes les voies ouvertes à la circulation, chaussées, bandes et pistes cyclables comprises. Le préfet du Pas-de-Calais a suivi avec le même calendrier. Dans les deux départements, le défaut de casque est une contravention de 2e classe : 35 euros, contre 135 euros à Paris.

Pourquoi cet écart ? Parce qu’un préfet fixe la classe de la contravention dans son arrêté, et que rien dans le code de la route ne l’oblige à s’aligner sur son voisin. Le préfet de police de Paris a choisi la 4e classe, celle du feu rouge grillé. Ceux de Lille et d’Arras ont choisi la 2e classe, celle du stationnement gênant. Le casque exigé, lui, est le même : un casque conforme à la réglementation sur les équipements de protection individuelle, attaché.

Les préfets s’appuient sur des chiffres locaux. Dans le Nord, le nombre d’accidents impliquant un EDPM a été multiplié par 15 entre 2019 et 2025, et celui des blessés hospitalisés par 30. Plus de 60 accidents, dont deux mortels, ont été recensés dans le département depuis le début de 2026. Dans le Pas-de-Calais, le préfet cite des accidents multipliés par 10 en cinq ans et un nombre de tués en hausse de 400 %.

79 morts en 2025 : pourquoi les préfets n’attendent plus l’État

Le bilan 2025 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, l’ONISR, donne le contexte. 79 utilisateurs d’EDPM sont morts en France en 2025, 34 de plus qu’en 2024. Environ 1 200 personnes ont été gravement blessées, en hausse de près de 39 % sur un an. Aucun autre mode de déplacement ne progresse aussi vite dans le mauvais sens.

Deux détails de ce bilan expliquent la forme prise par les arrêtés. 59 des 79 morts sont survenus en agglomération, là où le casque n’était justement pas obligatoire pour les adultes. Et 62 % des conducteurs d’EDPM présumés responsables étaient seuls dans leur accident : une chute, pas une collision. Or la tête est la première touchée dans une chute à 25 km/h.

Au niveau national, la règle n’a pas bougé. Le casque n’est obligatoire qu’hors agglomération, sur les routes où l’EDPM est admis. En ville, il reste recommandé. Une proposition de loi déposée le 16 septembre 2025 pour rendre le casque obligatoire partout, avec une amende de 135 euros, n’avait toujours pas été examinée en séance au 31 août 2026. Le gouvernement a saisi la Délégation à la sécurité routière pour étudier une harmonisation. En attendant, chaque préfet fait sa propre règle.

Et ailleurs en France ?

Hors de ces deux blocs, plusieurs territoires ont aussi pris des arrêtés locaux, souvent limités à une commune ou à une saison. Le Touquet applique depuis le 5 août 2026 une amende qui peut atteindre 150 euros. Des mesures locales sont aussi recensées par la presse juridique et spécialisée dans le Vaucluse, les Alpes-Maritimes, l’Indre et l’Yonne, ainsi qu’à Reims, Compiègne et Saint-Dié-des-Vosges, avec des périmètres et des montants qui varient. Aucun arrêté équivalent n’a été recensé à ce jour pour Lyon, Marseille, Toulouse ou Bordeaux : un adulte y roule tête nue en agglomération sans autre sanction que le risque.

Adolescent en trottinette électrique sans casque sur une piste cyclable, entouré de cyclistes
Sur une piste cyclable du Nord, lui est en infraction depuis le 1er septembre. Les cyclistes autour de lui ne le sont pas.

Le piège, c’est le trajet qui traverse une frontière administrative. Tu pars de Lille en règle avec ton casque de 2e classe, tu arrives à Paris et tu risques 135 euros si tu n’as pas aussi le gilet. Tu pars de Versailles, dans les Yvelines, hors du périmètre de l’arrêté parisien, tu entres dans les Hauts-de-Seine et le texte de la préfecture de police s’applique dès le premier mètre.

Ce que tu dois faire concrètement

Le résumé tient en une phrase : en septembre 2026, la France compte désormais trois régimes pour le même casque. 135 euros à Paris et en petite couronne, 35 euros dans le Nord et le Pas-de-Calais, zéro presque partout ailleurs. Tant que la loi nationale n’est pas votée, c’est ton code postal qui fixe le tarif.

Sources