Aux États-Unis, les passages aux urgences après un accident de vélo électrique ont été multipliés par plus de huit en trois ans. Le chiffre vient d’une étude publiée le 12 octobre par Truveta, une société d’analyse de données de santé : +760 % entre 2023 et 2026. En France, la vague n’a pas cette ampleur. Mais le dernier bilan de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) compte 31 utilisateurs de vélo électrique tués en 2025, et seulement 43 % d’entre eux portaient un casque.

Le résumé en 76 secondes

Ce que mesure l’étude américaine

Truveta a passé au crible les passages aux urgences de systèmes de santé américains, de janvier à août, sur quatre années. Le résultat, repris par le média spécialisé Bicycle Retailer le 21 octobre :

En volume, le vélo classique reste devant : 63 811 passages sur la période, contre 4 769 en vélo électrique. C’est la vitesse de la hausse qui inquiète, pas encore le nombre.

La limite à garder en tête

L’étude ne distingue pas le vélo électrique de la moto électrique légère. Les dossiers des urgences ne font pas la différence. Une partie de la hausse vient donc d’engins qui roulent bien au-delà de 25 km/h, et qui n’ont rien d’un vélo au sens du code de la route français.

Ambulance des pompiers de Berlin roulant gyrophare allumé, une cycliste passe en arrière-plan

En vidéo · 39 secondes

Ce que montre la vidéo

En France, l’ONISR compte 31 tués en 2025, dont 43 % casqués.

En France, 31 morts en 2025 et un casque trop rare

Le bilan 2025 de l’ONISR, publié le 14 septembre 2026, distingue les usagers de vélo à assistance électrique. Ce qu’il dit :

Le contexte pèse. Le parc français de vélos électriques est estimé à 4,8 millions fin 2025, en hausse de 12 % sur un an. Tous vélos confondus, l’ONISR compte 235 cyclistes tués en 2025, 11 de plus qu’en 2024, et 2 800 blessés graves, un chiffre en hausse de 9 %. Le risque d’être tué, rapporté au temps passé à se déplacer, est quatre fois plus élevé à vélo qu’en voiture.

Pourquoi ton vélo électrique te met plus en danger

Le vélo électrique n’est pas dangereux en soi. Il change trois choses.

Tu roules plus vite que ce que les autres attendent

Un vélo électrique légal t’assiste jusqu’à 25 km/h. Un automobiliste qui tourne à droite ou qui sort d’un parking estime ta vitesse comme celle d’un cycliste ordinaire. Tu arrives plus tôt qu’il ne le pense, et c’est assez pour qu’il te coupe la route.

Tu pédales plus loin, plus souvent, et à tout âge

Le vélo électrique remet en selle des gens qui avaient arrêté. C’est une bonne nouvelle pour la santé. Mais le corps encaisse moins bien une chute à 60 ans qu’à 30, et l’ONISR rappelle que la moitié des cyclistes tués, tous vélos confondus, ont 65 ans ou plus.

Le débridage efface la frontière

Au-delà de 25 km/h d’assistance ou de 250 watts, ce n’est plus un vélo. C’est un cyclomoteur, qui exige immatriculation, assurance et casque homologué. C’est exactement ce que l’étude américaine ne sait pas séparer, et ce qui fait gonfler les chiffres là-bas.

Enfant casqué assis dans un siège vélo derrière une cycliste qui roule en ville

Ce que tu peux faire dès cette semaine

Sources

Truveta Research, étude sur les passages aux urgences liés au vélo électrique, publiée le 12 octobre 2026, chiffres repris par Bicycle Retailer le 21 octobre 2026. ONISR, « La sécurité routière en France, bilan de l’année 2025 », publié le 14 septembre 2026, section « Les accidents à vélo ».