En décembre 2024, la France a enregistré 1,58 million de trajets en covoiturage sur les courtes distances. En juillet 2026, il n’en restait que 770 390. Soit environ moitié moins. Entre les deux, une date : le 1er janvier 2025, jour où la prime de 100 € versée aux conducteurs a disparu. Les chiffres montrent une chute, pas une preuve. Voici ce qu’on peut dire, et ce qu’on ne peut pas.

Le résumé en 65 secondes

Les trajets mois par mois

Les données viennent de l’Observatoire national du covoiturage, repris par Roole Data (mise à jour du 1er août 2026). Elles comptent les trajets de courte distance enregistrés sur les plateformes.

Le calcul est simple. Entre décembre 2024 et décembre 2025, les trajets reculent de 41 %. Entre décembre 2024 et juillet 2026, de 51 %. Mais le covoiturage reste au-dessus de son niveau d’octobre 2022 : juillet 2026 est 24 % plus haut.

Avenue de grande ville sous la pluie avec des taxis jaunes, des voitures et un minibus blanc

En vidéo

Ce que montre la vidéo

1,58 million de trajets en décembre 2024, 770 390 en juillet 2026 : le covoiturage a chuté après la fin de la prime de 100 €. Ce que les chiffres prouvent et ce qu’ils ne prouvent pas.

La prime de 100 € : ce qu’elle était, quand elle s’est arrêtée

Selon Roole Data, une aide de 100 € était versée aux conducteurs par les collectivités locales entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2024. Elle a été supprimée au 1er janvier 2025. Le pic de décembre 2024 tombe donc sur le tout dernier mois de la prime.

Ce qui existe encore au niveau national : le forfait mobilités durables. Selon la même source, l’employeur du privé peut verser jusqu’à 900 € par an exonérés d’impôt, et jusqu’à 300 € dans la fonction publique. Il se cumule avec l’abonnement de transport en commun. Tout le mécanisme est expliqué dans notre guide du forfait mobilités durables.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Trois limites à garder en tête avant de conclure que « la fin de la prime a tué le covoiturage ».

Ce qu’on peut affirmer sans risque : les volumes ont nettement baissé après la fin de l’aide, et ils ne sont jamais revenus au niveau de décembre 2024.

Là où le covoiturage tient encore

Roole Data, d’après l’Observatoire, cite les trajets les plus covoiturés en 2026 : Annecy vers la Suisse, Saint-Denis vers Saint-Denis et Nice vers Monaco. Côté territoires, on retrouve Montpellier, Saint-Denis, Annecy, Beauvais et Toulouse.

Le point commun des deux premiers trajets : une frontière ou un pôle d’emploi proche, avec de la congestion et un coût de stationnement. Là, le partage des frais se justifie sans prime.

Ce que tu peux toucher aujourd’hui

Il n’y a plus de prime nationale, mais des aides locales existent encore. L’Occitanie a payé 4 € par passager en octobre, contre 2 € d’habitude, comme on l’a détaillé dans notre article sur le covoiturage en Occitanie. À 2 € par passager et par trajet, un collègue emmené matin et soir fait 4 € par jour, soit 80 € sur 20 jours ouvrés.

Une voiture noire seule sur une large route urbaine presque vide, vue du dessus au crépuscule

Pour savoir si tu y as droit, trois vérifications :

Sources : Observatoire national du covoiturage, via Roole Data (« Évolution du covoiturage courte distance en France depuis 2022 », mise à jour du 1er août 2026). Calculs de pourcentages : MobilityCenter, à partir de ces chiffres.