Du 16 au 22 septembre 2026, la France participe à la Semaine européenne de la mobilité. Le thème officiel retenu par le ministère de la Transition écologique tient en quatre mots : la mobilité pour tous. Comprendre : se déplacer quels que soient ton âge, ton revenu ou tes capacités physiques. Au même moment, 29 stations du métro parisien sur 302 sont utilisables par une personne en fauteuil roulant. Neuf pour cent. Voilà l’écart entre le slogan et le quai.

Le résumé en 1 min 30, si tu préfères écouter.

Ce qui se passe vraiment du 16 au 22 septembre

La Semaine européenne de la mobilité revient chaque année à la même date, du 16 au 22 septembre. L’édition 2026 porte sur l’accessibilité des déplacements, avec un accent affiché sur l’équité entre les générations. Le ministère de la Transition écologique a publié son appel à projets le 20 juillet 2026 et les collectivités s’inscrivent sur la plateforme européenne mobilityweek.eu.

En pratique, tu ne verras rien tomber du ciel. Le programme dépend entièrement de ta commune : essais de vélos à assistance, rues rendues aux piétons, tarifs réduits sur le réseau local, ateliers de réparation. Regarde le site de ta mairie ou de ton agglomération avant de compter dessus. Une commune qui ne s’inscrit pas ne propose rien.

Neuf pour cent : le chiffre que la semaine ne met pas en avant

Pendant les Jeux olympiques et paralympiques de 2024, 29 stations du métro parisien étaient accessibles aux personnes en fauteuil roulant, soit 9 % du réseau. À titre de comparaison, le métro de Londres en était à 18 % au moment de ses Jeux de 2012. Une seule ligne parisienne est accessible de bout en bout : la ligne 14, la plus récente.

Le recensement mené en 2017 par le quotidien britannique The Guardian donne la mesure du décalage avec les autres capitales. Barcelone comptait alors 129 stations accessibles sur 156. Tokyo, 186 sur 211. Le métro de Washington et celui de Los Angeles, construits après l’adoption de leurs lois sur l’accessibilité, sont accessibles à 100 %. New York, réseau ancien lui aussi, plafonnait à 117 stations sur 472.

Volée de marches et escaliers mécaniques à la sortie d’une station de métro souterraine
Sans ascenseur, une station se résume à une volée de marches.

Pourquoi le métro parisien est resté en dehors

La raison est d’abord juridique. La loi du 11 février 2005 sur le handicap ne fixe aucune date limite d’accessibilité aux réseaux ferroviaires souterrains déjà construits. Les autorités organisatrices doivent produire un schéma directeur et proposer des transports de substitution, mais aucune échéance ne les contraint sur les stations elles-mêmes.

La raison est ensuite physique. Selon la RATP, dans la moitié des cas le sous-sol parisien rend l’installation d’un ascenseur techniquement impossible : égouts, terrains instables, tunnels enchevêtrés, absence de place en surface pour poser une sortie.

La raison est enfin budgétaire, et c’est celle qui bloque. En avril 2021, Île-de-France Mobilités a chiffré la mise en accessibilité de la seule ligne 6 à 700 millions d’euros dans l’hypothèse haute, pour équiper ses 28 stations d’ascenseurs et de refuges anti-incendie, avec six à dix ans de travaux à la clé. Le chiffre a été révélé par Le Parisien. Pour le réseau historique entier, l’estimation évoquée en août 2024 par la présidente de la région Île-de-France atteint 20 milliards d’euros sur une vingtaine d’années.

Paris n’est pas la France, et le neuf n’attend pas l’ancien

Le contraste est net dès qu’on regarde ce qui se construit aujourd’hui. Les 68 nouvelles gares du Grand Paris Express sont conçues accessibles de bout en bout : ascenseur entre la rue et le quai, et plancher du quai aligné sur celui des trains, ce qui supprime la marche qui empêche un fauteuil de franchir la porte sans aide. Avec ces gares, le réseau francilien passerait à 113 stations desservies par au moins une ligne accessible à l’horizon 2030.

Rame de tramway articulée à plancher bas franchissant un pont en ville
Sur un tramway récent, le plancher bas et le quai à hauteur suppriment la marche.

Même logique hors de l’Île-de-France. Les tramways mis en service depuis les années 1990 ont un plancher bas et un quai à hauteur : l’accessibilité y est dans le plan, pas dans un rattrapage. Côté bus, Tisséo annonce à Toulouse 80 % des arrêts adaptés aux personnes à mobilité réduite, une proportion qui couvre 99 % des trajets. Si tu veux comparer réseau par réseau, notre guide des réseaux de métro en France détaille les six villes françaises équipées, et le guide mobilité de Toulouse reprend l’offre locale.

L’accessibilité ne se résume pas au fauteuil roulant

C’est l’angle mort du débat. La mobilité réduite concerne environ 3,5 millions de personnes en France, soit 5,3 % de la population, dont 650 000 en fauteuil. Plus largement, 12 millions de personnes vivent avec un handicap, environ 18 % de la population. Le fauteuil est la partie visible, pas le total.

Le son compte autant que la marche. En 2025, l’annonce sonore du nom des stations n’était toujours pas disponible dans les rames des lignes 3 bis, 7, 7 bis, 8, 10 et 12, faute de matériel roulant assez récent. La ligne 6 est en transition jusqu’à son renouvellement complet de rames.

Et puis il y a tous ceux que personne ne compte : la poussette double, la valise à roulettes, la jambe plâtrée, les courses du samedi, le grand-parent qui souffle dans l’escalier. Ils rencontrent exactement la même marche. C’est le sens du thème 2026 quand il parle d’équité entre les générations.

Ce que tu peux faire de cette semaine

Pour le reste, notre guide pratique pour se déplacer en transports en commun en France reprend les titres, les correspondances et les services d’assistance en gare.

À retenir

Sources : ministère de la Transition écologique, Île-de-France Mobilités, Société du Grand Paris, Le Parisien, handicap.fr, The Guardian, Tisséo Collectivités, RATP.