La CGT-RATP a déposé le 22 septembre un préavis de grève sans date de fin, à partir du lundi 28 septembre à 19 heures. Le lendemain, mardi 29, huit organisations syndicales appellent toute la fonction publique à débrayer, et SUD-Rail fait de même à la SNCF. Ce n’est pas une grève générale des transports pour autant. Voici ce qui est réellement déposé, à quelle heure tu sauras ce qui roule, et ce que la loi te doit si le service promis n’est pas au rendez-vous.

Le résumé en 1 min 28, si tu préfères écouter.

Ce qui est déposé, noir sur blanc

RATP : illimité, à partir du lundi 28 septembre à 19 heures

Le préavis a été déposé le 22 septembre par la CGT-RATP. Il couvre l’ensemble du personnel de l’EPIC, pour une durée illimitée, à compter du lundi 28 septembre à 19 heures. Le motif tient en une phrase : la perte de pouvoir d’achat. Le syndicat juge les mesures de la direction ciblées et distribuées au compte-gouttes, donc incapables de rattraper l’érosion des salaires pour tout le monde. Nuno Martins, délégué syndical central CGT-RATP, résume : « Les salariés ne peuvent pas attendre 2027 pour payer leurs factures, faire leurs courses ou aller travailler. »

Le périmètre est large, parce que la RATP exploite beaucoup. Tout le métro parisien, tout le bus parisien, les tramways T1, T2, T3a, T3b, T5, T6, T7 et T8. Et une partie du RER : le tronçon central du RER A avec les branches de Boissy-Saint-Léger, Marne-la-Vallée Chessy et Saint-Germain-en-Laye, plus le RER B au sud de Gare du Nord. Au nord de Gare du Nord, le RER B est exploité par la SNCF. Sur ce tronçon, c’est un autre préavis qui décide.

Un préavis n’est pas une grève. Il ouvre le droit de débrayer, il ne dit pas combien d’agents le feront. Le syndicat lui-même reconnaît que la participation reste à mesurer.

Fonction publique : huit syndicats sur la journée de mardi

Le mardi 29 septembre est une journée de mobilisation nationale dans la fonction publique. Le préavis est porté par huit organisations : CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP. Il couvre les trois versants, donc l’État, le territorial et l’hospitalier, sur la journée entière. Les revendications sont salariales : des mesures générales et immédiates, une revalorisation significative du point d’indice, son indexation sur l’inflation, le rétablissement de la GIPA, le maintien intégral de la rémunération pendant un congé maladie ordinaire et l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. En toile de fond, le budget 2027.

Pour tes déplacements, l’effet est indirect mais réel : écoles, mairies, services municipaux et hôpitaux tournent au ralenti. Dans sa communication du 12 septembre, la CGT appelle aussi les salariés du privé à s’y joindre. Les pompiers professionnels, eux, sont déjà couverts par un préavis national qui court du 8 septembre au 20 octobre.

SNCF : SUD-Rail appelle, la CGT-Cheminots n’a pas suivi

Côté rail, l’appel du 29 septembre vient de la fédération SUD-Rail, publié le 10 septembre, sur SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et les filiales. À ce stade, la CGT-Cheminots ne s’y est pas associée. C’est la nuance qui change tout : sans le premier syndicat de l’entreprise, un appel isolé perturbe rarement les grandes lignes au même niveau qu’un mouvement unitaire. Prends les titres qui annoncent un blocage national du rail avec des pincettes, et attends les prévisions de trafic.

Voies et quais de la gare de l'Est à Paris, voyageurs alignés le long du quai
Le rail est concerné par un appel distinct de celui de la RATP.

En vidéo · 61 secondes

Ce que montre la vidéo

Le 29, huit syndicats mobilisent la fonction publique et SUD-Rail appelle à la SNCF. Ce qui est réellement déposé, l’heure à laquelle tu sauras ce qui roule, et ce que la loi te doit.

Pourquoi ça coince : 0,18 % face à 1,2 milliard

La colère ferroviaire a des chiffres. SUD-Rail rappelle que le groupe SNCF a annoncé 1,2 milliard d’euros de bénéfices au premier semestre, pendant que l’augmentation générale des salaires s’établit à 0,18 %. La direction a mis sur la table une prime de 100 euros et 350 recrutements supplémentaires, en plus des 6 000 déjà prévus. Le syndicat juge le compte loin d’y être et demande l’ouverture de vraies négociations salariales, l’arrêt des réorganisations et l’arrêt de la filialisation. S’y ajoute un été difficile, marqué par les épisodes de forte chaleur.

À la RATP comme à la SNCF, le conflit porte donc sur la même chose : le niveau des salaires, pas l’organisation du réseau. C’est utile à savoir, parce que ce type de conflit se règle vite quand une enveloppe bouge, et s’enkyste quand rien ne bouge.

Samedi soir, tu ne sais rien. Lundi soir, tu sais

Le calendrier de l’information n’est pas laissé au hasard, il est écrit dans le code des transports. Deux repères à retenir.

D’abord, l’article L1324-7 : un agent concerné par un plan de prévisibilité doit déclarer son intention de faire grève au plus tard 48 heures avant d’y participer. Pour un débrayage qui commence lundi 28 à 19 heures, les déclarations sont donc connues de l’entreprise à partir du samedi 26 au soir. Un agent peut aussi se raviser, à condition de prévenir 24 heures avant. C’est pour ça que les prévisions bougent encore la veille.

Ensuite, l’article L1222-8 : en cas de perturbation prévisible, l’usager doit être informé par l’entreprise de transport au plus tard 24 heures avant le début de la perturbation. Cette information doit être gratuite, précise et fiable. Traduction concrète : les prévisions de trafic RATP pour la nuit de lundi et pour mardi tombent en fin de journée lundi. Avant, tout ce que tu lis relève de l’estimation.

Le bon réflexe est donc simple. Tu ne réorganises pas ta semaine samedi. Tu regardes lundi en fin d’après-midi, sur l’appli de ton opérateur et sur une appli de trajet qui agrège les perturbations. Si tu hésites entre les outils, on les a comparés dans notre comparatif Citymapper, Google Maps et Moovit.

Ce que la loi te doit si le plan n’est pas tenu

Peu de voyageurs le savent, et c’est pourtant écrit. L’article L1222-11 du code des transports prévoit deux choses distinctes.

La première vise l’entreprise. En cas de défaut d’exécution du plan de transport adapté ou du plan d’information des usagers, l’autorité organisatrice impose au transporteur, quand il en est directement responsable, le remboursement total des titres de transport aux usagers, à proportion de la durée de l’inexécution. Les modalités pratiques sont fixées par convention entre l’autorité organisatrice et l’entreprise, par catégorie d’usagers.

La seconde te vise directement. L’usager qui n’a pas pu utiliser le service pour lequel il avait un abonnement ou un billet a droit à la prolongation de la validité de cet abonnement, pour une durée équivalente à la période dont il a été privé, ou à l’échange, ou au remboursement du titre non utilisé. Le remboursement est fait par celui qui a émis le titre.

Attention à ne pas surinterpréter. Ce droit ne se déclenche pas parce qu’il y a grève. Il se déclenche quand le service annoncé n’est pas rendu. Garde donc une trace : capture d’écran des prévisions annoncées, horaire réel, ligne concernée. Si tu es abonné en Île-de-France, les règles de ton titre et les gestes commerciaux passés sont détaillés dans notre guide du Pass Navigo.

Cyclistes en manteau d'hiver sur une piste cyclable séparée de la circulation
Sous huit kilomètres, le vélo bat souvent le bus un jour de grève.

Ton mardi, mode d’emploi

Trois options, par ordre d’efficacité réelle.

Ne pas te déplacer. C’est la seule qui marche à coup sûr. Si ton poste le permet, pose ta journée de télétravail sur mardi plutôt que sur un autre jour de la semaine. L’effet d’un jour déplacé sur tes trajets est plus fort qu’on ne le croit, on l’a chiffré dans notre dossier sur le télétravail et la mobilité.

Passer au vélo ou à la trottinette. Sur les trajets de moins de 8 kilomètres, c’est souvent plus rapide qu’un bus bondé un jour de grève. Vérifie ton itinéraire la veille, pas le matin même. Et anticipe la saturation des services en libre-service aux heures de pointe : un jour de grève, les stations se vident tôt.

Décaler tes horaires. Quand le trafic est réduit, la pointe est le pire moment. Partir 45 minutes plus tôt ou une heure plus tard change davantage ton trajet que n’importe quelle appli.

Un dernier point sur le covoiturage et les VTC. Les jours de grève, la demande explose et les tarifs dynamiques suivent. Réserver la veille coûte moins cher que commander sur le quai à 8 h 30.

À retenir

Un préavis illimité à la RATP à partir du lundi 28 septembre 19 heures. Une journée de mobilisation dans la fonction publique le mardi 29, portée par huit syndicats. Un appel SUD-Rail à la SNCF, sans la CGT-Cheminots. L’ampleur réelle, personne ne la connaît avant lundi soir. Ce que tu peux faire dès maintenant, c’est déplacer ce qui peut l’être, et garder les preuves de ce qui t’a été annoncé.

Sources : préavis CGT-RATP du 22 septembre 2026 relayé par Sortiraparis ; préavis intersyndical fonction publique pour le 29 septembre 2026 (CFDT Fonction publique, publication du 31 août 2026) ; appel de la CGT du 12 septembre 2026 ; appel SUD-Rail du 10 septembre 2026 ; articles L1222-8, L1222-11 et L1324-7 du code des transports (Légifrance).